• Gabriel Combris

Pure Santé

Plantes psychédéliques, curieuse histoire

Chère lectrice, cher lecteur, La presse américaine a relaté l’étonnante expérience d’Asa Barrett, un soldat américain ayant servi en Afghanistan [1]. Revenu de la guerre avec de profonds traumatismes, des insomnies et des tendances suicidaires, il a commencé par suivre un traitement classique à base d’antidépresseurs. Sans aucune amélioration. Il a alors décidé de se rendre au Pérou, car il a entendu dire qu’on y peut consommer de l’ayahuasca, un breuvage traditionnel à base de lianes aussi appelées la « vigne de l’âme ». Interdite aux USA car considérée comme drogue, cette boisson aux effets psychotropes est légale au Pérou, dans le cadre des rituels chamaniques. Un peu comme Tintin dans le Lotus bleu, voilà donc l’ancien soldat allongé parmi vingt personnes dans la hutte d’un petit village péruvien, à boire une préparation d’ayahuasca sous les incantations d’un chamane (on appelle ces chants des icaros). Au début, il faut le reconnaître, ça a l’air plutôt désagréable : une sensation de glissement, des couleurs vibrantes qui jaillissent devant ses yeux, une vision déformée de la réalité qui conduisent Barret à vomir ses tripes dans un seau placé à côté de lui… Réaction commune à l’ayahuasca, qui n’empêche pas le chamane de poursuivre ses incantations. La suite est plus intéressante : Barret affirme être… propulsé dans le passé qui le hante. Il revient, dans une sorte de réalité augmentée, à l’endroit même où il a failli perdre la vie : il y a des traces de balles dans un mur, une femme morte qui gît au sol et, soudain, un engin explosif dont la détonation inonde toute l’atmosphère de sa violence… Mais contrairement à ce qui se produisait dans ses cauchemars, le soldat Barett ne se sent plus « prisonnier » de cette scène de guerre qu’il a réellement vécue. Peu à peu, il s’en libère. Et il voit apparaître comme un éclat de lumière. « Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais à l’aise » témoigne-t-il. Et ce n’est pas qu’un sentiment. Pour le comprendre, il faut revenir au début des années 1960, aux Etats-Unis, à un moment où se développe un vif intérêt scientifique pour des substances « psychédéliques » naturelles comme la mescaline ou la DMT, que l’on trouve dans l’ayahuasca. L’engouement fut lancé par le mycologue Robert Gordon Wasson, revenu d’un voyage au Sud Mexique avec des échantillons de champignons utilisés par un chamane lors de cérémonies de guérison. On en identifiera ensuite les deux molécules principales, la psilocyne et la psilocybine, actives sur le système nerveux central.

Des gens sautent par la fenêtre !

Dans la foulée, un millier d’études réalisées en laboratoire sur 40 000 patients montreront des résultats très prometteurs sur l’anxiété, la dépression ou encore le traitement des névroses. Mais le problème est qu’il y eut aussi de sévères débordements dans l’utilisation de ces substances. Un professeur à Harvard, par exemple, s’amusait à distribuer de la psilocybine à ses étudiants… Les journaux de l’époque ont raconté que les élèves se sont mis à sauter par la fenêtre parce qu’ils croyaient avoir des ailes. L’histoire était fausse, mais qu’importe : l’utilisation répétée de plantes psychédéliques par la jeunesse hippie pour se « farcir la tête » et vivre des « délires hallucinogènes » allait leur faire perdre tout crédit et motiver leur interdiction à peu près partout dans le monde.

Sentir de nouvelles émotions

Mais les progrès de l’imagerie médicale donnent aujourd’hui de nouvelles indications sur le rôle de la psilocybine contenue dans les lianes de Banisteriopsis caapi, que les chamanes utilisent pour préparer l’ayahuasca. On sait que la psilocybine n’agit pas de façon anarchique sur le cerveau ; au contraire, elle diminue l’activité de zones cérébrales bien précises, celles qui sont responsables de l’ornière dans laquelle se trouvent les dépressifs, obnubilés par des souvenirs et des pensées négatives répétitifs. On sait aussi qu’elle active les connexions entre les neurones et qu’elle augmente la croissance des cellules nerveuses, ce qui permet au patient de créer de nouvelles pensées et émotions [2]. Et donc de sortir des pensées négatives dans lesquelles on peut rester enfermer. On s’est également rendu compte que la psilocybine agit sur les mêmes récepteurs à la sérotonine (un neurotransmetteur qui régule l’humeur) que le Prozac ou les antidépresseurs, sauf qu’il suffit seulement d’une à quelques prises pour avoir un effet durable, tandis que les antidépresseurs doivent être pris tous les jours durant des mois ! Le Wall Street Journal énumère de nombreux autres témoignages de personnes pour qui l’ayahuasca a permis une véritable libération. Jeffrey Hill, chef de chantier à Chicago, affirme que l'ayahuasca aatténué sa dépression. Pour Juliette Wilkerson, elle l’a aidée à guérir ses migraines débilitantes. Quant à Jaylene Johnston, c’est cette préparation qui lui a permis de surmonter le traumatisme de la mort de son mari. Alors, crédibles ou pas, ces histoires ? Pour répondre à cette question, il faut commencer par reconnaître que ces substances ne sont absolument pas sans risques. L’ayahusca peut être fatale lorsqu’elle est mélangée avec d'autres médicaments comme les antidépresseurs et devrait être évitée par les personnes bipolaires ou schizophrènes. En 2012, un jeune homme est mort après avoir pris de l’ayahuasca au Pérou. Et l'année dernière un touriste canadien a tué l’un des autres participants à un rituel de nuit… Car il faut dire aussi qu’un véritable business s’est développé, avec des tours opérateurs qui organisent des séjours pour venir boire l’élixir à Iquitos, une ville de 500 000 habitants dans le nord du Pérou, moyennant 2500 $ la semaine. 80 000 touristes viendraient ici chaque année, dans l’un des 22 « lodges » certifiés (et 5 fois plus de « clandestins ») qui proposent des rituels chamaniques…

D’autres plantes intéressantes

On voit que le problème avec l’ayahuasca est que le folklore du style « Vas-y man, tu vas planer » n’est jamais très loin. Mais la science poursuit malgré tout ses recherches pour obtenir plus de données et mieux comprendre le potentiel thérapeutique de la plante ainsi que ses dangers. Lors des études menées dans les années 1960, 66 % des patients atteints de névroses sévères ont connu des améliorations nettes de l’anxiété et de la dépression. On peut reprocher à ces études anciennes de ne pas avoir été réalisées en suivant le cadre scientifique actuel, c’est-à-dire en double aveugle contre placebo. Il suffirait de les reproduire… Depuis quelques années, d’autres axes de recherche se sont développés. Ils ont évalué l’impact de la psilocybine sur les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et l’on a constaté chez les personnes testées un net recul de leurs troubles. Là aussi, ces études doivent être confirmées. Une association multidisciplinaire pour les études psychédéliques basée en Californie [3] a notamment financé des chercheurs de l'Université de Stanford et l'Université de Pennsylvanie, et prévoit de soutenir une étude de l’ayahuasca au Pérou en 2016, pour les personnes souffrant d'un trouble de stress post-traumatique. D’autres plantes psychotropes intéressent aussi les chercheurs pour leur potentiel thérapeutique :

  • l’iboga, une plante africaine utilisée traditionnellement pour voyager dans le monde des esprits

  • le peyotl, un petit cactus sans épines qui contient de la mescaline, une molécule psychoactive

  • ou encore la sauge divinatoire, plante utilisée par les indiens aztèques à des fins médicales et religieuses.

Trois nouvelles plantes prometteuses pour la santé des hommes, ou trois nouvelles destinations dans les guides des tour-opérateurs spécialisés dans le « trip hallu » ? La curieuse histoire se poursuit. Santé ! Gabriel Combris Sources : [1] Is Peru’s Psychedelic Potion a Cure or a Curse ? [2] Olivier Chambon, Interview à Plantes & Bien-Etre, Septembre 2015. [3] What Is MAPS ? Les informations de cette lettre d'information sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette lettre, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment homologués auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être. L’éditeur n’est pas un fournisseur de soins médicaux homologués. L’éditeur de cette lettre d'information ne pratique à aucun titre la médecine lui-même, ni aucune autre profession thérapeutique, et s’interdit formellement d’entrer dans une relation de praticien de santé vis-à-vis de malades avec ses lecteurs. Aucune des informations ou de produits mentionnés sur ce site ne sont destinés à diagnostiquer, traiter, atténuer ou guérir une maladie. PureSanté est un service d'information gratuit de SNI Editions. Pour toute question, rendez-vous ici. Service courrier : Sercogest, 44 avenue de la Marne, 59290 Wasquehal - France Vous recevez ce message à l'adresse ISABELLE.ARBELBIDE@orange.fr car vous avez souscrit à PureSanté. Si vous ne souhaitez plus recevoir cette lettre d'information gratuite sur la santé naturelle, rendez-vous sur notre page de désinscription.


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